ALICE RUSSELL BIO …

Quinze ans qu’elle chante, et dix ans déjà que son premier opus est sorti. Ce lundi, Alice Russell est de retour dans les bacs avec son cinquième album studio, “To Dust”, recueil élégant de titres soul, parfois jazzy et presque gospel, et emmené par le premier single “Heartbreaker”.
C’est ce lundi qu’Alice Russell fait son retour. La chanteuse anglaise dévoile en effet son cinquième album studio, “To Dust”, sur le label français Differ-Ant. Un album qui fait suite à “Pot of Gold”, paru en 2008 et pour lequel beaucoup de choses ont changé. Après la fermeture de son label Little Poppet, qu’elle avait monté pour la sortie de “Pot of Gold”, la chanteuse se lance donc dans une nouvelle aventure et propose un opus qui reflète en partie les difficultés personnelles et professionnelles rencontrées ces dernières années, comme sur le titre “Let Go (Breakdown)”, qui figure par ailleurs sur la B.O. du film “Magic Mike”. Elle évoque aussi la rupture amoureuse, notamment sur le titre “I Loved You” et la désillusion sur la plage principale.

Comme son prédécesseur, le disque mélange les multiples influences de cette artiste originale, qui rappelle aussi bien Eva Cassidy que Chaka Khan et Aretha Franklin. Après tout, la chanteuse a collaboré avec des artistes aussi divers que Hocus Pocus, sur le titre “Beautiful Losers” et Fatboy Slim ! Dans “To Dust”, on retrouve ainsi de la soul, du jazz, du blues, un peu de trip-hop et quelques discrètes touches d’électro sur des titres où les harmonies vocales sont travaillées et s’approchent même parfois du gospel. C’est le single “Heartbreaker” qu’Alice Russell a choisi d’extraire en tant que premier extrait de ce nouveau projet. Un single dont le clip original met en scène Harry Shearer, acteur, compositeur, producteur, réalisateur et scénariste américain déjà nommé à plusieurs reprises aux Grammy Awards et aux Emmy Awards, qui se retrouve grimé en femme à la fin du clip, face-à-face avec la chanteuse, dans la même tenue !

AUTRE NE VEUT BIO …

Il existerait un mouvement musical, littéraire, cinématographique, pataphysique, appelé « avant-pop« , dont Autre Ne Veut ferait partie. « Avant » comme dans « avant-garde », donc. Dans les grandes lignes, cela consisterait à concilier des exigences musicales ambitieuses aux intentions fédératrices et décomplexées de la pop la plus accrocheuse. Si le terme est utilisé par certains pour qualifier de la musique créée dès les années 1960, il renvoie aujourd’hui surtout à un groupe de musiciens contemporains (Rhye, How To Dress Well, voire le Mikky Ekko produit par Clams Casino) qui cherchent à marier des instrumentations électroniques modernistes et sophistiquées à des vocalises dignes des plus grosses têtes du R’n’B et de la pop mainstream.

Les plus sceptiques considèreront que des divas qui chantent sur des petits prouts électro-pop, cela n’a plus rien de très avant-gardiste, et que le simple fait de se dire avant-quoi-que-ce-soit relève, au mieux, du prétentieux. Les plus positivistes, eux, trouveront cela assez enthousiasmant que l’on puisse encore envisager une avant-garde musicale, en 2013, alors que même votre petite sœur de 15 ans se proclame post-moderne.

Arthur Ashin, alias Autre Ne Veut, trentenaire de Brooklyn, petit chouchou de Pitchfork et heureux détenteur d’un Master de psychologie, serait donc à compter dans le rang des avant-popistes. Effectivement, si son penchant pour les vocalises lascives à gorge déployée suggère un goût certain pour Usher et R. Kelly, ses compétences de producteur électro-pop évoquent autant les beats ouatée de Clams Casino que les grooves opiacés de The Weeknd ou l’excentricité sensuelle de Purity Ring.

Les dix chansons qui composent Anxiety, le second album d’Autre Ne Veut, forment un florilège exaltant de sons abstraits, de beats langoureux et de lignes vocales aguicheuses. Seule composante organique, la voix d’Ashin est incontestablement l’élément central d’Autre Ne Veut. Surnageant et virtuose, le chant progresse toutes brides lâchées, le but étant de mettre en voix l’anxiété sans fatalisme mais avec beaucoup de dramatisme et, surtout, avec un maximum de souffle, les lèvres grandes ouvertes et la tête dans le guidon.

Malheureusement, Ashin tend à pêcher par excès, et la performance vocale devient parfois une démonstration pompeuse et maniériste qui s’avère un peu usante. D’autant qu’Autre Ne Veut cultive une esthétique du heurt et de la rupture qui rend le fil des morceaux parfois assez difficile à suivre. Autre Ne Veut est donc à écouter avec parcimonie, en privilégiant les meilleurs titres. À savoirCounting, single langoureux au possible à falseto et claquements de doigt et featuring de Mykki Blanco ; Play by Play, titre maximaliste qui joue avec les codes mainstream pop les plus aguicheurs ; ou encore World War, lente balade déchirante, sombre et éthérée de 5’42 qui conclut l’album.

Ainsi, malgré ses débordements, Anxiety reste une ode sentimentaliste et grandiloquente assez grisante. C’est un plaisir coupable intelligent, ambitieux et sincère à jeter au visage des plus rabat-joie.